mercredi 5 mars 2008

Révolution corporelle






Je crois à la complémentarité entre les hommes et les femmes, à deux approches naturellement mariables de l’existence.

Faut-il jouer le jeu de la société pour « ressembler à une femme » ?
Est-il nécessaire de montrer aux autres que nous sommes des femmes en mettant en avant une image de la féminité de l’ordre du fantasme —ce qui nous vaudra immanquablement une côte remarquable auprès des hommes--— ou bien est-il possible de vivre plus simplement, en accord avec une féminité discrète, plus intériorisée ?
Personnellement (et idéalement), j’aimerais pouvoir vivre en fonction de mes penchants naturels, en prenant soin de mon corps et de ma vie avec amour tout en développant des projets artistiques variés me permettant de gagner ma vie.
Un projet artistique ambitieux (en l’occurrence pour moi, une réalisation de film ou de clip) demande une telle énergie qu’il devient, le temps de sa réalisation, la priorité absolue surtout si les délais sont courts. Cela rend compliqué de pouvoir s’occuper de son corps en toute sérénité afin de conserver une santé optimale. Faire du sport, manger sainement, lentement et de manière équilibrée, prendre soin de son corps, dormir correctement, est incompatible avec un rythme de travail soutenu. Ou bien je ne connais pas la méthode et je brûle que vous me l’appreniez !

C’est là que j’en arrive au cœur de ma réflexion : une femme est plus naturellement encline à se soucier des paramètres de santé et de corps, ne serait-ce que parce qu’elle grossi plus facilement que les hommes, qu’elle a ses règles tous les mois et qu’elle est sensible très tôt aux enfants et à leur fragilité. De plus, une femme pour se définir en tant que femme au sein de la société peut aussi décider d’être mère au foyer et donc se sentir femme par le simple fait d’avoir des enfants, ce qui n’est pas le cas pour un homme. L’identité féminine sociale ne passe pas principalement par la réussite professionnelle, même si on y vient. Chez un homme, les enjeux sont différents, il n’a pas 36 solutions.
Évidemment on pourrait citer de nombreuses exceptions, mais je continue sur ma lancée pour arriver au bout de ma réflexion.
Les femmes se sont mises à travailler il y a peu de temps. Pour s’insérer, elles ont dû/doivent suivre un protocole déjà mis en place et fonctionnant à merveille, rôdé avant elle par des hommes. Comme je le soulignais plus haut, il est évident que les femmes doivent être traitées à l‘égal des hommes, salarialement, promotionnellement et éthiquement, mais il est important de prendre en compte les différences physiologiques entre les deux sexes, induisant par leur simple existence un rapport différent au monde.
Isabelle Juppé dans « la femme digitale » met en lumière de façon évidente le rapport entre nouvelles technologies et femmes, qui utilisent ces outils différemment et enrichissent par là leurs applications possibles.
Dans la même veine, on peut dire que la féminisation du monde professionnel va amener à repenser différemment certains fonctionnements de mécaniques quotidiennes de travail. Si on observe les mécaniques actuelles, il paraît judicieux de prendre plus en considération le corps afin d’optimiser les capacités de travail d’un individu. Une sensibilisation précoce est donc indispensable, et c’est dans les écoles que le fonctionnement doit être repensé en priorité (ex : moins de temps assis, plus de mises en situations concrètes, de travaux pratiques, explication du fonctionnement du corps accompagnée de tests physiques permettant une compréhension profonde de ces notions fondamentales, initiation à la nutrition et à la cuisine équilibrée, distribution de bouteilles d’eau à remplir et à boire à raison d’1 litre 5 par jour par élève, initiation au massage et à la respiration, etc.…). Si une réforme au sein de l’éducation serait hautement profitable au monde de demain, elle ne pourrait être complète que si les mêmes « notions équilibrantes » étaient aussi dispensées aux parents.
Cela est une révolution, qui devra être menée en douceur afin de s’inclure naturellement et progressivement dans la dynamique existante.
C’est pour cette raison que j’insistais sur les différences physiologiques entre hommes et femmes, car il me semble que la nécessité d’une réflexion sur la place du corps dans le monde professionnel peut être plus facilement contactée par une femme (en l'occurence et pour le moment, moi) que par un homme.

11 commentaires:

Sasha a dit…

C'est très drôle que tu écrives ça justement aujourd'hui. D'abord, parce que j'en parlais hier de ce rôle hybride de la femme moderne qui jongle entre réussite, NTIC et vie de famille, et puis parce que je viens de tomber sur l'invitation de Caroline Daily à une soirée pin-up 50's, de l'époque où la femme avait la taille ultra-fine pour attirer le jeune mâle (autant dire qu'elles n'avaient jamais mangé un Big Mac de leur vie ces filles-là).
Bref, je me demandais si ça te tenterait d'aller y faire un tour. Je te laisse le lien: http://www.carolinedaily.com/blog/index.php/2007/03/04/867-caroline-daily-party

laurie thin** a dit…

Sasha•• Mais c'est aussi ton anniversaire là bas ou c'est une fille qui porte le même pseudo que toi ? Sinon, oui, pourquoi pas, ça me ferait marrer. En plus depuis le temps qu'on me parle de cette fameuse Caroline !

Mima a dit…

Ba alors Laurie, deviendrais-tu une féministe? En plus de cela de la veine des féministes différentialistes?? Pas possible...

laurie thin** a dit…

Mima•• Si penser que les hommes et les femmes ont des différences physiologiques amenant une façon différente de voir les choses, ceci permettant un regard complémentaire homme-femme sur certains sujets, oui, je suis féministe différentialiste comme tu dis. Mais j'ai horreur des groupes de pensée, surtout sur des sujets aussi délicats, méritant en permanence d'ajuster sa réflexion. J'ai l'impression que ça délimiterait ma pensée dans un tout petit périmètre. En bref, je me sentirais coincée. Et j'ai horreur de ça, je préfère me remettre en question toutes les 5 minutes ! Dernier point : je pense que notre époque permet de plus en plus un équilibre entre les visions hommes-femmes, et cela me réjouis !

quatuorlindsay a dit…

Ca se complique...

Sasha a dit…

Ben non, c'est une autre Sasha, mais si quelqu'un veut fêter mon anniversaire quand même, ça ne me dérange pas. Quoique... déjà un an de plus... je sais pas trop.

Bertrand a dit…

"De plus, une femme pour se définir en tant que femme au sein de la société peut aussi décider d’être mère au foyer et donc se sentir femme par le simple fait d’avoir des enfants, ce qui n’est pas le cas pour un homme." ??

"L’identité féminine sociale ne passe pas principalement par la réussite professionnelle, même si on y vient. Chez un homme, les enjeux sont différents, il n’a pas 36 solutions."?????

Que tu aies une vision très pointue de ta féminité, ses enjeux et ses obstacles de par le fait que tu sois une femme, ok, mais ton analyse sur les hommes, excuse-moi, est très, très court ! Reparlons-en, notamment sur la base de ce "Évidemment on pourrait citer de nombreuses exceptions, mais je continue sur ma lancée pour arriver au bout de ma réflexion." que tu évacues tellement vite... Car il n'existe que des exceptions, la somme humaine est l'agglomérat d'individualités (chacune étant bipolaire h/f).

Ou bien je n'ai rien compris et c'est une réflexion filée, une prise de notes spontanée, un mémento.

Mais encore : "C’est pour cette raison que j’insistais sur les différences physiologiques entre hommes et femmes, car il me semble que la nécessité d’une réflexion sur la place du corps dans le monde professionnel peut être plus facilement contactée par une femme (en l'occurence et pour le moment, moi) que par un homme", désolé, mais absolument pas. Un être humain dégage des energies qui proviennent de son genre (h ou f), oui, mais aussi de tant de paramètres qui dépassent le genre !

Mima a dit…

J'ajouterais que "le genre" n'est pas être "homme ou femme", mais "masculin ou féminin", ce qui n'est pas du tout la même chose...
Et n'est pas "peur" Laurie, se rapprocher d'un courant de pensée ne veut pas dire que tu portes l'étiquette sur ton front. Au moins c'est penser, réfléchir! Et heureusement qu'on évolue au cours de sa vie!

laurie thin** a dit…

••Bertrand•• Merci beaucoup d'avoir lu avec attention et d'avoir pris du temps pour réagir, c'est exactement ce dont j'avais envie en publiant ce texte !

A propos de ce "Évidemment on pourrait citer de nombreuses exceptions, mais je continue sur ma lancée pour arriver au bout de ma réflexion.",
je sentais qu'il fallait un peu plus pousser, mais je n'avais pas envie d'y passer des heures, non plus de différer la publication de cette note, car je voulais réussir à avoir une vision d'ensemble de ce sujet qui me trotte dans la tête.
En fait, j'avais commencé à développer un peu, mais j'ai arrêté lorsque je me suis vu écrire que chaque personne est une exception, car du coup j'entrevoyais qu'il me faudrait préciser ce que j'entendais par femme et homme, et à tous les coups devoir réajuster l'ensemble. J'ai donc laissé tomber, en me disant que je le ferais plus tard et/ou que quelqu'un allait s'insurger (merci de l’avoir fait !).
Tout ça pour dire que je suis parti du point de vue qu'une femme est pourvue d’un corps pouvant fabriquer d'autres corps, en me disant que cela induisait une appréhension spécifique de l’appareil anatomique, transmise ne serait-ce qu’héréditairement.

J'avais continué à développer, mais ca va faire trop long pour un commentaire, donc je suis désolée mais je fini là dessus pour le moment. Je préfère privilégier l'esprit de dialogue avec des réponses un peu courtes dans les commentaires. Ceci dit, si tu as quelque chose à écrire, je serais enchantée de le lire !

••Mima•• Je continue à ne pas me trouver féministe malgré tout.
Même si je parle du genre sexuel dans mon texte, j'ai l'impression que mon sujet est plus une réflexion sur la question du corps physique dans la société, la façon contemporaine de s'incarner, et les avantages de la féminisation du monde professionnel.

Anonyme a dit…

depuuis la nuit des temps les roles naturels des Hommes sont dictés par leurs instincts,et ce quel que soit leur genre.Ces instincts sont basiques et trop simples pour notre temps.L'instinct primaire étant pour la femme de procréer et pour l'homme de proteger et nourir son clan proche en l'occurence sa famille.
On remarque des disparitions de ces principes a notre epoque,en effet,les gens se laissent empoisonner par la vie(colorants,laque,clopes,...(diversité des moyens selon les groupes)) et donnent donc un exemple à leurs enfants.Cette destruction a pour but l'integration,l'agrandissement du clan.Or on ne protege plus son clan car l'agresseur en fait peut-etre partie,ou est la creation d'un de ces membres.Donc ce comportement ultra individualiste empeche la complementarité et le mariage naturel.
La solution serait peut-etre de reculer un peu et prendre le temps de reflechir au bonheur veritable.

laurie thin** a dit…

••anonyme•• La deuxième partie de ton texte me parait moins claire que la première : je n'arrive pas à comprendre pourquoi la destruction et/ou l'autodestruction des membres d'un clan est un gage d'ouverture de ce clan vers l'extérieur ?
Penses-tu que le sacrifice d'un membre du clan est une ouverture car le fait qu'elle démissionne de son rôle naturel permet son remplacement par une personne de l'extérieur ?

Si un membre du clan a une attitude agressive ou dangereuse à l'égard des autres membres de ce clan, il y a deux possibilités. Soit il est possible pour les membres d'exclure le perturbateur afin de retrouver une cohésion ; en revanche, si le perturbateur est un membre fondateur inaliénable comme un père ou une mère, le fonctionnement est légèrement plus complexe. Il s'agit de reconnaître à cette personne son rôle fondateur-créateur de vie et de l'en remercier du fond du coeur ; il s'agit aussi d'accepter qu'avoir été engendré par cette personne nous fait lui ressembler, mais de lui rendre ensuite toute sa violence et de la lui laisser pour lui seul en sachant que son comportement à l'égard des membres du clan a été inacceptable et qu'il n'en sera plus jamais ainsi. Il est possible de cette manière (ajustable selon les cas) de cesser la transmission de la violence au sein d’un clan qui peu enfin s'ouvrir sans crainte à la "complémentarité et au mariage naturel".

Voilà ce que m'inspire ton commentaire, je t'invite à revenir réagir à ce sujet.