jeudi 22 mai 2008
mercredi 21 mai 2008
Silence
Les mots parlent.
Lorsqu’ils bavardent, laissez les se taire d’eux-mêmes : ils sonnent creux.
Qui es-tu, toi qui ose parler ?
Qui es-tu, toi qui te targues de savoir dire ?
En as-tu seulement la moindre idée ?
Que penses-tu réellement ?
Quelle puissance attribues-tu à ces traits d’encre ?
Penses-tu tromper le monde avec ton verbe ?
Personne ne te crois.
Ton sourire composé, ta face de cire et tes gestes empruntés témoignent.
Ne vois-tu pas que tu es devenu mondain ? De palabre en beaux mots, de citations en références, tu poses sous le feu de tes propres projecteurs. Tu t’auto congratules.
Tu tricotes de petits chandails de mots pour te tenir chaud, car tu as froid lorsque le regard des autres se pose sur toi.
Si tu arrives à briller devant ces yeux, peut-être finiras-tu par considérer que tu as un intérêt, finalement. Mais rien n’est moins sûr. Pauvre étoile ! Prisonnière de morceaux de vents, sa lumière est trouble.
Commodes véhicules de pensée, les mots parlent.
Mais vigilance : la cloison entre bavardage et réelle communication est fine.
Le bavardage a été créé par les agités pour fuir le silence. Du tapage diurne, collectif.
De jolis mots d’esprit pour oublier le reste, pour se détendre, dit-on. Et ça fonctionne à merveille. Nous rions en chœur à ces mots et à ceux des autres, distribuons clins d’œils entendus et boutades. Puis vient le moment de rentrer chez soi. Sourires, coups de coude, rafales de formules de circonstance, la porte se referme, noir du couloir.
À tâtons, le long du mur, tu cherches l’interrupteur. Seul. En silence. Soudain, chaque son se détache nettement, prenant une dimension différente vaguement inquiétante. Tes doigts trouvent le morceau de plastique, que tu presses. La pensée qu’il serait plus pratique de réparer la lumière de cet interrupteur pour mieux le repérer dans le noir te traverse. Ils auraient dû le mettre plus près de l’ascenseur, là on pourrait le confondre avec une sonnette. Glissement de métal, les portes automatiques s’ouvrent, tu entres. L’odeur t’attrape désagréablement les narines. C’était une bonne soirée. Tu appuis sur zéro, les portes se referment. Un brouillard confus danse dans ta tête. Tu y picores des bouffées de souvenirs, agençant les scènes entre elles de façon à créer un scénario digne de « bonne soirée ».
Ton esprit joue à saute-mouton.
Il bavarde. Il tricote.
Absorbé par son activité, tu as oublié la lune, les arbres, les oiseaux, et même cette brise qui souffle doucement sur ton visage. Tout ça car Madame Bla et Monsieur Bla t’ont parlé de leur maison au cap-Ferret. T’y inviteront-ils cet été ? Ils invitent bien Bou et Tade. Tu te demandes si tu aimerais passer plusieurs jours en leur compagnie.
Tu es seul en prise avec le vacarme incessant de ton esprit.
Laisse les anges poser leur index sur les lèvres de tes pensées.
Reste coi en dedans et regarde.
Qu’est devenu le taquin verbe ? Du vent.
Le silence révèle.
Les mots parlent.
Chut.
mercredi 14 mai 2008
lundi 5 mai 2008
dimanche 27 avril 2008
vendredi 4 avril 2008
Oui !

Oyez, oyez !
J'ouvre un nouveau blog ! Super non ? Et excellent aussi ! En tout cas c'est son nom et ça vient de commencer.
Rendez-vous là bas pour me dire ce que vous en pensez (ou juste visiter hein, rien d'obligé) !
Merci !
excellentetsuper.blogspot.com
mardi 1 avril 2008
vendredi 28 mars 2008
mardi 25 mars 2008
Objets magiques
Le problème est que les crétins ont beau avoir toujours existé, avec la télévision, ils se sont multipliés."
René de Obaldia
mardi 18 mars 2008
Clair souffle du beau


Il n'y a rien de plus constant que le changement.
Quand je suis entrée dans cette cuisine, la première chose qui m'a agrippé était cette odeur. Insidieuse, je ne l'ai pas sentie immédiatement. Ma gorge a étrangement réagi, et c'est à ce moment-là que j'ai senti. L'odeur de poussière, de temps, de rance, mais aussi un arrière-plan de chimie fanée.
Les fenêtres se sont violemment ouvertes.
Un froid glacial est venu soudain dévaster bocaux, pots et babioles.
Bruit de verre cassé. Porte qui claque.
À mes pieds, le sol bascule, emportant avec lui toutes les fadaises du passé. Et je me retrouve seule, comme nue. Les murs, autrefois blancs voient le jour, le vent leur ayant ôté leurs anciens habits d'objets ; la marque de ceux-ci est encore perceptible sur le blanc, en contours gris foncé constellé par endroits de vert.
C'est le vide.
Un vide bienvenu, salvateur.
Foin d'odeur, foin de sentiments putrides et de sensations gourdes, enfin du blanc ! Un espace vierge où peut s'engouffrer la vie.
Le froid a disparu, laissant derrière lui la fraîcheur du nouveau.
Je remonte mes manches, empoigne le sac noir que le reflux a posé à ma droite, et y fourre pêle-mêle tout ce qui encombre le sol de cette satanée cuisine.
Plus rien ne compte. Assez de suffoquer au milieu d'une poussière de souvenirs éculés !
Il est grand temps de décrasser.
Le ménage prend des heures, mais elles passent sans faire de bruit.
À peine terminé, le soleil glisse ses mains par les fenêtres. Synchronisme bienvenu.
Après avoir empoigné les sacs et les avoirs sortis, plus rien ne résonne de la même manière.
L'air est limpide.
C'est à ce moment précis que l'envie monte : celle de figer l'instant.
Mais il ne faut pas.
C'est justement en s'y accrochant qu'il s'évanouit pour laisser place à cette cuisine telle que je l'ai aperçue en arrivant. Vieille. Alourdi d'envie de garder, de peur de laisser filer ce qui a été vécu, ce qui est révolu, qui fût.
À vouloir garder le beau on le gâche.
Je préfère laisser le vent de la vie passer par les fenêtres.
Le beau, le bien, l'agréable et consoeurs, sont autant de variétés de fleurs subtiles dont il convient de s'occuper correctement, sachant accepter leur fin comme présage de leur commencement.
lundi 17 mars 2008
L’homme gris
Des rats qui lui rongent les pieds, la nuit, pendant qu’il rêve.
Tous les soirs un peu plus.
Au matin, fébrile, il vérifie l’intégrité de ses extrémités.
Mais rien.
Ses pieds sont intacts.
Marcher est devenu un calvaire. Attendre un supplice.
Il trépigne.
Il crispe les orteils d’avant en arrière, sa paupière fulmine.
Passé les premiers instants, la journée avance seule jusqu’au soir.
Puis vient l’heure du coucher.
Les orteils crispés.
Le sourcil moite.
Serré dans les bras du lit, il s’angoisse.
Il est seul, seul contre des rats, des meutes de rats assoiffés de sang.
Les premières gouttes de sueurs pointent et la respiration se précipite.
Maudits rongeurs de pieds !
Parfois, dans le noir, il a la sensation d’entendre des cris étouffés.
Des cris de pieds.
Il tombera en sommeil comme on tombe malade.
Infiniment.
Jusqu’à ce qu’il devienne chat.
jeudi 13 mars 2008
En phase d'emphases




Notes du 28-10-07
Peut-on dire d'un esprit qu'il est "femme" ou "homme" ?
N'est-il pas évident que les caractères physiques définissent une identité sexuelle mais que le cerveau en tant que tel ne peut être qualifié de "masculin" ou de "féminin"?
Les adolescents créent fréquemment des groupes où le point commun est le genre sexuel. L'appartenance à un de ces groupes permet de renforcer l'identité sexuelle de ses membres.
Le degré d'identification aux modèles féminins et masculins proposés par la société et le rapport à la famille va ensuite déterminer le degré de "caricature" de l'individu par rapport à son genre sexuel.
Les exemples et modèles restent des éléments extérieurs ; la pensée sexuée (féminine ou masculine) d'un individu se précise avec le temps, après "digestion" des différents modèles.
Je crois qu'initialement l'esprit n'a aucun caractère sexuel.
Cependant, le sexe d'une personne induit une mécanique hormonale particulière influençant son comportement physiologique et quotidien.
Cette tendance s'affirme avec l'âge jusqu'à manifester une vision du monde "de femme" ou "d'homme"(la pensée sexuée).
En ajoutant à ça les critères d'identifications aux modèles pré-existant, il me parait difficile de penser qu'il n'existe aucune différence entre un homme et une femme.
Leurs différences de visions sont une source de richesse contre laquelle il est dommage de s'insurger, tant elle ouvre des perspectives.
mercredi 5 mars 2008
Révolution corporelle




Je crois à la complémentarité entre les hommes et les femmes, à deux approches naturellement mariables de l’existence.
Faut-il jouer le jeu de la société pour « ressembler à une femme » ?
Est-il nécessaire de montrer aux autres que nous sommes des femmes en mettant en avant une image de la féminité de l’ordre du fantasme —ce qui nous vaudra immanquablement une côte remarquable auprès des hommes--— ou bien est-il possible de vivre plus simplement, en accord avec une féminité discrète, plus intériorisée ?
Personnellement (et idéalement), j’aimerais pouvoir vivre en fonction de mes penchants naturels, en prenant soin de mon corps et de ma vie avec amour tout en développant des projets artistiques variés me permettant de gagner ma vie.
Un projet artistique ambitieux (en l’occurrence pour moi, une réalisation de film ou de clip) demande une telle énergie qu’il devient, le temps de sa réalisation, la priorité absolue surtout si les délais sont courts. Cela rend compliqué de pouvoir s’occuper de son corps en toute sérénité afin de conserver une santé optimale. Faire du sport, manger sainement, lentement et de manière équilibrée, prendre soin de son corps, dormir correctement, est incompatible avec un rythme de travail soutenu. Ou bien je ne connais pas la méthode et je brûle que vous me l’appreniez !
C’est là que j’en arrive au cœur de ma réflexion : une femme est plus naturellement encline à se soucier des paramètres de santé et de corps, ne serait-ce que parce qu’elle grossi plus facilement que les hommes, qu’elle a ses règles tous les mois et qu’elle est sensible très tôt aux enfants et à leur fragilité. De plus, une femme pour se définir en tant que femme au sein de la société peut aussi décider d’être mère au foyer et donc se sentir femme par le simple fait d’avoir des enfants, ce qui n’est pas le cas pour un homme. L’identité féminine sociale ne passe pas principalement par la réussite professionnelle, même si on y vient. Chez un homme, les enjeux sont différents, il n’a pas 36 solutions.
Évidemment on pourrait citer de nombreuses exceptions, mais je continue sur ma lancée pour arriver au bout de ma réflexion.
Les femmes se sont mises à travailler il y a peu de temps. Pour s’insérer, elles ont dû/doivent suivre un protocole déjà mis en place et fonctionnant à merveille, rôdé avant elle par des hommes. Comme je le soulignais plus haut, il est évident que les femmes doivent être traitées à l‘égal des hommes, salarialement, promotionnellement et éthiquement, mais il est important de prendre en compte les différences physiologiques entre les deux sexes, induisant par leur simple existence un rapport différent au monde.
Isabelle Juppé dans « la femme digitale » met en lumière de façon évidente le rapport entre nouvelles technologies et femmes, qui utilisent ces outils différemment et enrichissent par là leurs applications possibles.
Dans la même veine, on peut dire que la féminisation du monde professionnel va amener à repenser différemment certains fonctionnements de mécaniques quotidiennes de travail. Si on observe les mécaniques actuelles, il paraît judicieux de prendre plus en considération le corps afin d’optimiser les capacités de travail d’un individu. Une sensibilisation précoce est donc indispensable, et c’est dans les écoles que le fonctionnement doit être repensé en priorité (ex : moins de temps assis, plus de mises en situations concrètes, de travaux pratiques, explication du fonctionnement du corps accompagnée de tests physiques permettant une compréhension profonde de ces notions fondamentales, initiation à la nutrition et à la cuisine équilibrée, distribution de bouteilles d’eau à remplir et à boire à raison d’1 litre 5 par jour par élève, initiation au massage et à la respiration, etc.…). Si une réforme au sein de l’éducation serait hautement profitable au monde de demain, elle ne pourrait être complète que si les mêmes « notions équilibrantes » étaient aussi dispensées aux parents.
Cela est une révolution, qui devra être menée en douceur afin de s’inclure naturellement et progressivement dans la dynamique existante.
C’est pour cette raison que j’insistais sur les différences physiologiques entre hommes et femmes, car il me semble que la nécessité d’une réflexion sur la place du corps dans le monde professionnel peut être plus facilement contactée par une femme (en l'occurence et pour le moment, moi) que par un homme.
mardi 4 mars 2008
Classement des minutes
Outre le journal intime, il peut permettre une foule d'autres applications comportant la notion de durée. Parmi elles, on peut faire figurer celles qui nécessitent un compte-rendu comme suivre un régime, faire ses comptes, faire une recherche sur un sujet précis, tester des produits, guérir d'une maladie, etc.
Même si j'ai pu l'observer ailleurs, jamais je n'ai réellement envisagé mon blog comme un outil au service d'un objectif précis.
Jusqu'ici je l'ai utilisé comme terrain d'expérimentation. Il ne peut en aucun cas faire office de site internet professionnel, loin de là ! Il est juste le témoin d'une évolution.
Je me disais qu'il serait peut-être judicieux d'étendre son application, mais tant que je n'ai aucune certitude sur le rôle que je pourrai lui donner dans ma vie, cela ne sert à rien.
samedi 1 mars 2008
Pique-assiettes suivi de mise en boite nocturne
L'expo est toute en défécation et autres réjouissances odoriférantes qui en disent long sur la névrose du stade anal chez l'être humain. J'avoue ne pas trop m'être attardée devant ces oeuvres provocatrices et avoir été étonnée d'apprendre que ces artistes ont l'une des cotes les plus élevées du monde !
L'autre intérêt de la soirée était la faune arty qu'avait attirée cet évènement ; la galerie de portraits était saisissante. L'inénarrable Thierry Théolier fondateur du SDH (Syndicat Du Hype) y avait bien sûr sa place, flanqué d'un homme plutôt rockeur affichant l'air bravache de ceux qui ont envie de convaincre, oui mais de quoi ? Une fille blonde aux cuisses bien faites arborait des lunettes à fortes montures en plastique noir qui lui mangeaient le visage, éclipsant presque sa bouche. Je l'ai croisée à plusieurs reprises, mais l'ai imprimée dans ma mémoire au moment où elle sortait de fausses toilettes publiques en reboutonnant son jean en clamant, extatique, l'accent anglais "j'ado*e, ça fait la t*oisième fois que j'y *etou*ne !"
Mais le clou est venu vers 23h, des "total looks" qui fumaient leurs clopes sur les marches de l'entrée. Une jeune fille très jolie, talons, serre-tête argent, petit blouson d'été et interminables jambes nues que sa courte robe bouffante en tulle rose laissait voir, a soudain pris par la main son ami dandy haut-de-forme. Ils ont dévalé les marches, demoiselle en tête, piquant droit sur un tas de pains de glace laissés au sol quelques minutes auparavant. La fille a sauté dans la glace, s'y est vautré, frottant ses gambettes nues, écartant les cuisses, hilare-folle avec sa culotte bleue sous la lueur des réverbères. La majorité des yeux des escaliers étaient braqués sur elle. Les roses du tulle de sa robe et de sa chair, associés au blanc luisant des pains de glace, donnaient envie de photographier la scène. Passé le saisissement, les têtes retournèrent à leurs discussions et la jeune fille sorti de scène accompagnée de son dandy vert. Ils s'engouffrèrent à l'intérieur du musée d'art moderne, en portant chacun un morceau de pain de glace dans leur bras.
À noter aussi la présence du très talentueux Fabien Giraud, qui d'ailleurs expose au Palais de Tokyo le 29 mai.
jeudi 28 février 2008
Nuage de filles
Que dire sinon que c'était assez agréable, arrosé de champagne, agréé de petits amuses-bouches et fours variés et de l'ingrédient principal : quelque 250 filles.
J'y ai discuté avec la très intéressante Isabelle Juppé munie de son nouveau livre "la femme digitale", un livre sur le phénomène blog chez la gent féminine. Je vous en dirai des nouvelles, je vais de ce pas m'atteler à sa lecture.
Absolute trendsetter (n'oubliez pas le E à la fin d'Absolute) fût elle aussi d'une charmante compagnie.
Être au milieu de toutes ces hirondelles en tenues soignées, pleines de mots, de questions, de mouvements, d'histoires plein les yeux, m'a renvoyée à la question du positionnement. Manifestement il y a des tendances, et manifestement —on y arrive— je n'appartiens pas franchement à une catégorie ou a une autre.
Je ne parle pas souvent de maquillage, mes propos sont plutôt évasifs sur les détails de ma vie privée, j'adopte selon mon humeur telle ou telle méthode de publication. À la rigueur, il faudrait me caser dans la catégorie "daily laboratoire" ; ou bien créer une catégorie en latin, j'aime bien, ça donne l'air intellectuel.
Fluxus jacta est !
MAJ : Elo, dite Miss Hello a publié ces dessins dans le blog du Nuage des Filles ! Vous pouvez voir ça ici, et visiter plus globalement son blog ici. Merci merci en tout cas !!
mercredi 27 février 2008
Tableaux
Tout ces corps présents à l'image en si peu de temps !
mardi 26 février 2008
Retournement de clichés in your face !
Pardonnez-moi d'avance si c'est diffusé en ce moment, mais je n'ai aucune notion de ce qui passe par le petit écran.
lundi 25 février 2008
Satanés moustiques, extrait.
Il y a aussi une photo de la pile de carnets d'où sont tirées les images !
dimanche 24 février 2008
Satanés moustiques
Il est fabriqué uniquement sur commande et est vendu 10€.
Si cela vous chante, vous pouvez laisser un petit mot. Et si cela ne vous chante pas aussi d'ailleurs, ça fait toujours plaisir les mots !
voir les commentaires pour plus de détails




















































