lundi 20 septembre 2010

Rentrée littéraire : "Point de non-retour" de Andre Vltchek

Un bon lot de nouveautés aux Éditions Yago !

Pour commencer, Point de non-retour, le livre du reporter de guerre André Vltchek. Il est déjà sorti, vous pouvez le trouver dans toutes les bonnes librairies.



Karel est grand reporter pour le Weekly Globe. Il va là où nous n’allons pas, pour être nos yeux et nos oreilles, pour informer et surtout témoigner. À la fois idéaliste et désinvolte, amateur de femmes et assoiffé d’ivresses, il traverse les soubresauts de notre époque à la poursuite de la vérité, passant des rues de New York aux routes de Gaza, des hauteurs de Lima aux terrasses du Caire, des villages incendiés d’Indonésie aux insurrections d’Amérique latine. En marge de son quotidien violent et déraciné s’ébauche une histoire d’amour à l’issue incertaine et se profile l’ombre d’une catastrophe.



POINT DE NON-RETOUR
d'Andre Vltchek
Disponible en librairie
www.editions-yago.com
Prix : 20 €
ISBN 978-2-916209-81-4
Diffusion : Harmonia Mundi
Couverture et composition graphique : Laurie Thinot

dimanche 25 juillet 2010

Moi, ouistiti


À les écouter attentivement, un rire lancé de bon coeur et un cri de singe révèlent de troublantes analogies...

lundi 12 juillet 2010

Sans fil(s)

Ce matin-là, toutes les créatures de l'univers se donnèrent rendez-vous. Elles chuchotaient, chicotaient, pavoisaient, se trémoussaient, l'air interrogatif.
Mais où donc était passé l'Iphone de la Vierge ?

dimanche 4 juillet 2010

Annonce n°556C

Pour cause déménagement, DONNE Guillaumette, bel insecte mécanique femelle, parfait état, affectueux, bien élevé et dynamique.
Maître expérimenté bienvenue.
Envoyer références via l'annonce.

dimanche 27 juin 2010

Mental Map


















C'est aujourd'hui que se clôture la première session du projet Mental Map (plus d'information sur le site internet www.mentalmap.fr), auquel je suis très heureuse d'avoir participé. Les oeuvres de tous les artistes seront mises en ligne dans les prochains jours. En attendant, vous avez la primeur de la mienne !

mercredi 12 mai 2010

Mini-retrospective à Madrid !

J'ai le grand plaisir de vous annoncer que La Casa Encendida a programmé une séance de cinéma, "Ma divine essence", contenant tous les films que j'ai réalisé jusqu'ici dans ma vie ! Voici le lien direct vers l'évènement : LIEN DIRECT VERS L'ÉVENEMENT

La projection se tient tous les mardis du mois de mai à 20h00 à :
La Casa Encendida
Ronda de Valencia, 2
28012 Madrid
Tel : 902 430 322

Si vous voulez, vous pouvez aussi aller vous promener sur leur site web - www.lacasaencendida.es - pour picorer d'autres informations.

Ils ont aussi écrit un très gentil texte sur moi. Je vous en mets ici la traduction française (faite de mes blanches mains, donc imparfaite car je ne parle pas espagnol):

"Laurie Thinot est est l'une des cinéastes française les plus polyvalentes et créatives de notre époque. Diplômée en cinéma d'animation par l'École des Arts Décoratifs à Paris, elle se souligne par une oeuvre originale et multifacettes. Elle réalise des clips, des courts métrages, des publicités, des identités visuelles, de l'illustration, de la danse et de la littérature. Avec une sensibilité hors du commun, son blog reflète à la perfection son besoin de communiquer et de commenter avec ses dessins sa propre vision du monde.
Son style additionne sans salamalecs la ligne claire et le graphisme, combinés avec de l'encre et des expérimentations de collages.
La clef de ses thèmes de réflexions va d'une critique sous-jacente acide envers les injustices de la société, à l'incompréhension des valeurs imposées... en réclamant la liberté de s'évader et de créer.
Acide et doux à la fois, tout ce que Laurie Thinot effleure de la baguette magique de sa
divine essence devient un voyage dans une autre dimension."



Bon, et sinon je vais bientôt publier d'autres dessins (si, si !), alors gardez l'oeil ouvert... si vos passez par là !

jeudi 1 avril 2010

mercredi 31 mars 2010

Grabuge

Ce blog est en train de moisir et je crois que je vais commencer à lui insuffler à nouveau ma divine essence... Restez à l'affût !

jeudi 4 mars 2010

Que du beau monde !

Voici l'affiche d'un concert concoctée avec le consentement de l'homme tourteau, la bonne volonté de mes deux moutons favoris - Icare et Bristol - et le mauvais caractère du célèbre buste bicéphale hurlant, scindé spécialement pour l'occasion.




Maedusa + Televox
Jeudi 18 mars à 19h30
à la Scène Bastille
2bis rue des Taillandiers
75011 Paris

Haut les coeurs !

jeudi 18 février 2010

lauriethinot.com

Avis à tous les gens de l'internet qui lisent ce message

Il est maintenant possible - alléluia ! - de visualiser en un clin d'oeil mon travail en se rendant à l'adresse de mon nouveau site internet (version alpha*).

ici --> http://www.lauriethinot.com




* Version alpha : la version Alpha est la première version du site, permettant l'essentiel mais nécessitant quelques améliorations. Il y aura donc par la suite les versions Bêta, Gamma, Epsilon, Dzêta, etc, jusqu'au résultat final.

mercredi 3 février 2010

Chasse ouverte



La fille est resté dans le club. Cette fille n’est pas comme les autres. Elle a un côté «poussin». Peu importe si les poussins ont des plumes et grossissent comme des dindes ensuite... Celle-ci est spéciale. Lui-même se sent différent des autres : il a un côté «lapin». Il lui faut cette fille, absolument. Il faudrait qu’il l’attrape, mais comment ? A l’aide d’un filet ! Oui, mais elle risque de s’envoler. Un grand drap alors ? Non, elle pourrait s’étouffer et ressembler à un poulet mort... il ne faudrait pas mettre des plumes partout.



S’il réussit à l‘attraper, il peut l’emmener chez lui et la présenter à ses parents. Il pourra aussi la présenter à ses tantes, à ses cousins et à son oncle Paul. Ensemble ils formeront une belle famille, une famille de lapin-poussin. Mais avant toute chose, il doit la capturer, sans se faire remarquer.



Il rebrousse chemin. Une meute de lapin marche autour de lui. Son regard cherche la fille-poussin, toujours aussi belle, toujours aussi spéciale. Il ne la voit pas, mais trouve quelques plumes. Il ne peut pas se contenter de ramener ces plumes chez lui, il lui faut la fille entière.



De plus en plus agité, il arpente le perron de l'entrée du club.
Où est-elle ? Comment faire pour l'avoir pour moi tout seul ?
Il a chaud, il marche vite, il halète. Elle, ailes, plumes, poule et dinde !
Un capharnaüm peuple son esprit, ses enjambées se précipitent.
Elle, ailes, elle, aile, elle, aile,elle, aile, elle, aile, elle, aile, elle, aile, PAN !
Il est mort.



samedi 23 janvier 2010

Africa l'honneur !

« On ne sait jamais ce qui nous attend à Johannesburg, mais je te donne un conseil :
marche prudemment et réfléchis vite. Ici, soit tu es rapide, soit tu es mort.
Bienvenue à Johannesburg. »



Voici le dernier petit bijou des Éditions Yago :
"Chambre 207", de Kgebtli Moele !


Encore une fois, c'était un vrai plaisir de faire cette couverture ! Et mention spécial au traducteur, David König, qui a fait un excellent travail sur ce livre.

lundi 4 janvier 2010

Cadeau

Un appartement avec des fenêtres très grandes. La perspective bouge et s'éloigne, les couleurs sont rouges, on me parle, on m'explique des choses qui me laissent une impression d'extrême logique sans que je sois capable de m'en souvenir.



Puis ce monde s'efface laissant place à un autre. Je papillonne des yeux, un homme est penché vers moi, il a l'air préoccupé. Il parle. "Mademoiselle ! Mademoiselle !" C'est à moi qu'il parle, c'est moi mademoiselle ! Mais qui est ce type, et pourquoi me parle-t-il ?
"- Hein ?" C'est tout ce que je réponds.
"- Ca va ? Ne bougez pas Mademoiselle !" Mais grand dieux, c'est à moi qu'il parle toujours cet homme ?!
Le tiroir d'interrogations s'ouvre de plus en plus sous mon crâne. Et j'ai froid.
J'entends qu'il me pose des questions. Je tente de lui répondre mais mes phrases passent péniblement le portail de ma bouche, sans réussir à le franchir entièrement. Je les entends s'échouer sur le bord de mes lèvres, impuissante. Et j'ai mal à la tête. Mal à la tête. C'est ça, je suis allongée sur le sol et j'ai mal à la tête ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
"- Vous vous êtes faite renversée par une voiture mademoiselle" Impossible de me souvenir de quoi que ce soit. L'hypothèse de la voiture est plausible.
"- Ne bougez pas !" Mais dans quel état suis-je ? Je suis un corps allongé sur le bitume, incapable de se souvenir de ce qui l'a transporté ici, et des faces ennuyées lui disent de ne pas bouger. Cette éventualité me pique soudain
"- Je me suis cognée la tête et j'ai le crâne fendu, c'est ça ? Il y a du sang sur le sol, derrière moi, c'est ça ?
- Mais non mademoiselle, pas du tout.
- Vous dites ça pour me rassurer ou c'est la vérité ?
- Non, je vous assure, vous ne saignez pas. Par contre, vous vous êtes cogné la tête et il ne faut pas bouger."

Nous sommes le 24 décembre et je viens de me faire renverser par une voiture.

mardi 13 octobre 2009

Bourrasque

Cette fois, elle n’est plus dans un parc, elle est dans un café.
Comme d’habitude elle ne fait rien, si ce n’est observer les gens passer. Le temps est capricieux, il se couvre. Elle a froid mais reste immobile ; elle n’a pas envie de froisser son humeur plus qu’elle ne l’est déjà. La sensation d’un manteau exhumé d’un placard, ou d’un parapluie usé, ou d’une vielle cloche, l’étreint. D’une vieille cloche, oui. Exactement. Tout va pour le mieux, pourtant. D’où vient alors cette insatisfaction rampante ? Pourquoi ce trouble, envahissant ?
Une dame ornée d’un petit chien - irresponsable parure consentante - passe devant elle.
La vacuité de ses actes lui apparaît avec violence. Agir sans noble cause, à quoi bon ? Une « noble cause » ? Vanité.


Elle se sent engoncée dans une question silencieuse, un doigt de pied en équilibre au-dessus du vide. Impossible de formuler le saisissant indicible qui siège au cœur de son être. Un observateur extérieur pourrait penser ces sensations marécageuses comme des sursauts de tristesse. Mais il se tromperait. Effusions, épanchements, troubles, cris et autres démonstrations sentimentales sont sans substance, cette vérité la frappe soudain. Elle y voit un simple symptôme, la fluctuation d’un esprit agité. Ce ne sont pour elle que mouvements périphériques.
Elle sait le centre, et le centre est tout autre. Il est calme, comme un roc. Profondément détaché de cette agitation, il observe. Ni trouble, ni jugement, ni attente. Il est simplement là, malgré l'hiver.

vendredi 9 octobre 2009

À l'abordage !

Sonnez clairons, sonnez trompettes, roulements de tambours... Tadaaaaam !!!
Tout beau, tout chaud, voici le dernier livre sorti aux Editions Yago :
"Le Bateau-usine" de Kobayashi Takiji !
Je vous laisse lire la 4e de couverture pour vous donner une idée.
"Enfin traduit en français, le Bateau‑usine est le chef d’oeuvre de Kobayashi Takiji. Ce classique décrit les conditions de vie inouïes des travailleurs à bord d’un navire pêchant le crabe dans les mers froides et dures, entre Japon et URSS. Exploités et humiliés, ces hommes découvrent la nécessité de l’union et de la révolte. Réaliste et novateur, ce texte culte connut un succès international. Il rencontre aujourd’hui un regain d’intérêt, entraînant la sortie de plusieurs films, mangas, etc. Quatre‑vingts ans après sa parution, en 1929, il est devenu au Japon le porte‑flambeau d’une jeunesse désenchantée. Une oeuvre engagée et avant‑gardiste, plus que jamais d’actualité."

Merci à tous, j'ai adoré travailler sur l'image de couverture et donner un petit coup de main sur la mise en page intérieure. Je n'ai qu'un mot à dire : youhouu !
Il va atterrir dans les rayons des librairies françaises sous peu, ouvrez l'oeil matelots !

vendredi 2 octobre 2009

"Pièce ronde" - Épisode premier


Elle et Lui marchent sur un chemin de graviers gris.
Ils sont habillés chichement, de retour d'un mariage.
Il mange une pomme tandis qu'Elle défait, épingle par épingle, son chignon très compliqué.


LUI
Vraiment ?! Tu as fait ça ?! Mais c'est insensée !

ELLE (le prenant mal)
Je crois plutôt que ça te fait peur et que tu dis que je suis insensée
car la logique est bien confortable et t'évite de réfléchir trop !

LUI
Non, la logique permet seulement de gagner du temps et d'économiser de l'énergie.

ELLE
C'est bien ce que je dis : elle est confortable !

LUI
...

ELLE
Et si tu utilises la Logique comme façade pour légitimer tes actes ?
Et si derrière cette façade, il n'y a rien d'autre que l'Infini ?
Et si les pensées qui te traversent à chaque instant ne t'appartiennent pas ?
Et si tu es simplement un récepteur d'ondes que tu transformes ensuite en actes, actes sur lesquels tu oses ensuite apposer le sceau de ta Logique ?

LUI
Et si tu arrêtais de poser des questions et que tu avais des réponses ?

ELLE
...

LUI
...

ELLE
Ce serait mentir.

LUI
Non, ce serait grandir !

Il s'arrête et lui tend la pomme entamée.
Elle hésite un instant, puis croque, sans la prendre en ses doigts.
Elle mastique très longtemps sa bouchée tandis qu'Il la couve du regard.
Puis Elle lui sourit.
Il se met alors à lui chatouiller les hanches, encore et encore, jusqu'à la faire se tortiller sur le sol. Ils s'embrassent avec ferveur, puis se chatouillent à nouveau, roulent l'un sur l'autre, s'embrassent encore...
Un homme en blouse blanche entre, tenant en main une longue et fine baguette en bois.

LE PHYSICIEN, montrant avec sa baguette les zones concernées
Voilà, comme vous pouvez le constater, cet homme et cette femme sont en phase de pré-copulation. Leur discussion n'était qu'un prétexte pour pouvoir s'éloigner et satisfaire leurs pulsions.
En attendant qu'ils terminent cette phase de pré-copulation pour passer à la suivante, nous allons étudier les conditions atmosphériques idéale à la formation d'un cumulo-nimbus dans la stratosphère. (il sort de sa poche une clochette et la fait retentir)

(à suivre)

mercredi 30 septembre 2009

Quand les oreillers osent...


... ils dévoilent leur intimité.

"Les hommes mariés ne font pas les nuits douces" de Yaël König, est paru aux éditions Yago.
Je suis honorée, autant que ravie, d'avoir fait cette couverture !

lundi 7 septembre 2009

Champagne !

First add for The Guardian !


Direction : Laurie Thinot
Animation : Gustavo Almenara
Production : Partizan Lab London
Agency : Wieden & Kennedy London

Thank you guys !

lundi 31 août 2009

PIOU !

- début message Oizo à Terre - Nous, Oizos, userons nos plumes pour écrire ce que nous volons ! - fin message Oizo à Terre -

mercredi 26 août 2009

La sinusite de mon père n'a de limite que la longueur du reste de ses cheveux qu'il entretient quotidiennement avec ferveur

Un titre pour Mateï Vişniec, écrivain de théâtre et prince des longs titres.
Voici ses trois culminants, classés par ordre décroissant de longueur :

1 • "L'Histoire des ours Panda raconté par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort"

2 • "Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux"

3 •"De la sensation d'élasticité lorsqu'on marche sur des cadavres"

mardi 25 août 2009

Punition a vénérer


Merci à RawImage pour les textures

mercredi 29 juillet 2009

Oui, minuit

Pictured in Paris
29 juillet 2009

To eat or not to eat


Pictured in Paris
29 juillet 2009

vendredi 24 juillet 2009

Les folies de Lucien


Une déception à lire ici...
Dommage. Pourtant, en faisant abstraction de la typo, l'affiche donnait envie.

Mise en scène : Jacques Dombrowski

Avec : Clotilde Chevalier, Sébastien Duchange, Sandra Durando, Éric Jetner, Marie Klaus, Virginie Perrier, Léovanie Raud, Benjamin Rolland, Loïc Tévenot

Parolière : Marie Klaus

Composition musicale : Baptiste Chéron

mercredi 22 juillet 2009

[Oups + Opus]

[Oups + Opus ] c'est fantastique, et c'est dans le OFF d'Avignon, Studio des Hivernales. Allez y !
La critique est ici.


[Oups + Opus], de Bérengère Fournier et Samuel Faccioli

Chorégraphie : Bérengère Fournier et Samuel Faccioli

Avec : Bérengère Fournier et Samuel Faccioli

Musique : Gabriel Fabing

Création lumière : Gilles de Metz

http://vlalavouivre.com/

lundi 20 juillet 2009

Infiniment là


Et hop, deuxième critique en ligne à lire ici !

Infiniment là, de Anne Conti au théâtre du Chien qui Fume en Avignon !

Conception et texte : Anne Conti

Violoncelle : Rémy Chatton

Percussions : Vincent Le Noan

Guitare : Benjamin Leherissey

Avec : Anne Conti

jeudi 16 juillet 2009

Rouge !


Ma première critique Avignonnaise sur Les Trois Coups, "Rouge !", un Petit Chaperon Rouge version trash, à lire ici.


Mise en scène : Gustavo de Araujo

Avec : Clotilde Durupt, Timothée Lepeltier, Sandrine Moaligou, Gustavo de Araujo

mardi 30 juin 2009

Sélection Saatchi & Saatchi 2009 !


Autokratz "Stay the same" est dans la sélection du 19thSaatchi & Saatchi New Directors’ Showcase !
Le programme a été diffusée à Cannes le 25 juin... Rien que d'y penser, je suis toute intimidée !
Merci à Gustavo Almenara de m'avoir aidé sur ce projet !

dimanche 21 juin 2009

Choix de conjugaison matérielle

Être est un groupe, habillé de la même façon. Lorsque le groupe parle, c'est de concert. De temps à autre chaque individu prononce tour à tour une fraction de phrase.
En face de lui est Avoir, seul et très sûr de lui. Un roc.
Pendant le dialogue, Être se déploie, perpétue des gestes d'indignation et de colère, s'agite.
Avoir est calme.

ÊTRE
Non ! Taisez-vous ! Vous m’avez déjà assez heurté. Je ne veux plus rien entendre, ne voyez-vous pas les rigoles de sang que charrient mes oreilles ? Elles me chatouillent le cou. C’est humide sur ma poitrine. Ne voyez-vous pas ? Ils ne voient pas ! C’est à se demander s’ils ont déjà vu !
Je vais vous dire ce que j’en pense, moi, puisque les aveugles sont ici couronnés.
Votre système est inhumain. Vous pouvez me traiter de naïf en riant, vos grandes bouches ne me font pas peur. Qui êtes-vous, bande d’Hypothèses ? Qui pensez-vous être ? Comment osez-vous bafouer le monde à ce point ? Je vous crache !

AVOIR
Tu ne comprends rien.
Tu perds tout car tu ne sais pas ce que tu peux gagner. Ce que nous sommes, tu dois le devenir, sous peine de rester enfermé dans ton monde illimité. Nous sommes présents car nous savons que nous gagnons notre futur ; nous savons aussi qu’un jour nous le perdrons. En attendant, nous accumulons, car accumuler donne un sens. Nous aimons nos biens. Nous pouvons les contrôler. Ils ont un rôle clair dans notre existence, une finalité. Nous devenons, grâce à ce système, des êtres sensés. Nos actes prennent une dimension nouvelle car ils ont une direction claire. Cela s’appelle la civilisation.

ÊTRE
Et la vie ? Ce que vous appelez civilisation est seulement une illusion de pouvoir ! Faute de vous contrôler vous-même, vous imposez vos caprices au monde matériel ! Dans votre système, « avoir » égal « pouvoir » ! Je m’insurge ! Nous sommes bien plus riches que ce que nous avons !

AVOIR
Hahaha ! Détend toi, mon cher. Tu peux dire ce que tu veux, de toute façon nous sommes majoritaires.

ÊTRE
Alors j’incarnerais la révolution jusqu’à mon dernier souffle !

AVOIR
Nous te ferons mettre une plaque.

jeudi 11 juin 2009

Vertigineusement

C’est mal assise, les fesses mollement calées dans un siège peu pratique, que mes pensées coulent vers leur point d’expansion. Voyager en avion remonte le temps.

Je regarde dehors, tout est noir. Les hôtesses nous traitent comme des enfants, avec force de miel et de sourires édulcorés. Si je meurs aujourd’hui, c’est que c’était le moment.

Je pensais avoir peur de l’avion et mon appréhension prenait son essor en crescendo alors que nous préparions notre envolée. À côté de nous, un asiatique. Hilare. « Ça c’est le petit volet, regardez, regardez ». Nous regardons la tôle de l’aile.
« Là ! » Oui, ça bouge, effectivement.
« J’étais pilote de chasse quand j’étais jeune ! ». Se remémorer cette époque le met dans tous ses états. Immédiatement, je commence à le harceler de questions sur le mode de fonctionnement de ces fameux petits volets. Ils sont perpendiculaires aux ailes de l’avion lors du décollage. L’avion s’élance alors sur la piste jusqu’à atteindre 400km/h et la résistance de l’air, appuyant sur ces volets, le fait décoller automatiquement. Rien de magique. Juste un simple phénomène physique inévitable.

Cette démystification a eu pour effet de dissoudre en moi tout résidu d’appréhension.
Ce n’est donc pas de l’avion que j’ai peur, non. L’avion est une excuse commode pour éprouver ma peur du vide ; ce vertige une fenêtre ouverte sur l'indicible.
Le vide est impensable. Il est juste trou. Facile de visualiser ce vide autour d'un avion, d'imaginer s’y perdre, disparaître. Se résoudre à tomber dans le vide une bonne fois pour toute, sans simagrée, pourquoi est-ce si effrayant ? Suis-je à ce point attachée à mes édifices de pensées sculptés par le temps ?
Il faut croire que oui.
Fantastique ! C'est donc par vanité que j'ai peur de mourir.

vendredi 29 mai 2009

MAEDUSA !!!!

maedusa simple
Maedusa vient de battre tous les records de votes (382) à la demi-finale du Tremplin Emergenza au New Morning, avec une performance virtuose !
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils vont jouer à l'Élysée Montmartre !!!
Get ready, ça va décoiffer !
www.myspace.com/maedusamusic>